Actus

Communiqué

Date : 24/01/2020

Communiqué inter-fédérations et réseaux musiques

Nos organisations, réunies dans un espace de coopération informel basé sur des valeurs communes, des constats, des enjeux et des modes de fonctionnement partagés, souhaitent profiter du temps de rassemblement des BIS de Nantes pour annoncer qu’elles travaillent, ensemble, à l’organisation d’un colloque « Musiques et politique » qui aura lieu au Sénat le 29 mai 2020.

Nos projets s’ancrent dans les valeurs et principes que nous portons au travers de nos actions : liberté de création, diversité (culturelle, des personnes, des genres, des esthétiques, des modèles économiques…), droit des personnes, équité territoriale, primauté de l’art et de la culture.

L’objet de ce colloque est, d’une part, d’offrir un constat global qui est celui d’un temps politique agité, dans lequel nous voyons une remise en cause des politiques publiques telles que nous les entendons, c’est-à-dire orientées dans le sens de l’intérêt général et, d’autre part, d’émettre des propositions, ensemble, pour dépasser ce constat et construire des alternatives.

Nous observons un ministère de la Culture qui abandonne peu à peu ses politiques d’intérêt général au profit de logiques purement marchandes.
Nous observons un glissement vers une financiarisation accrue de la musique, que nous revendiquons avant tout comme Art.
Nous observons un démantèlement systémique du ministère de la Culture, relatif notamment aux orientations voulues par les lois de modernisation de l’action publique (réforme action publique 2022) et par le projet de loi Déconcentration, Décentralisation, Différenciation. Ce démantèlement menace la création et l’équité territoriale et risque d’enclaver les territoires - et donc les acteurs et les personnes - les plus démunis.
Nous observons des politiques de l’emploi qui balaient les emplois aidés d’un revers de la main, sans se soucier des conséquences désastreuses que cela occasionne dans les associations, dans les entreprises indépendantes, et qui par ailleurs remettent régulièrement en question le précieux régime de l’intermittence.
Nous observons, dans le spectacle vivant et particulièrement dans la musique, des logiques de concentration dangereuses.

Au-delà de ces observations, le temps de l’action est venu.

Nous nous mobilisons, ensemble, pour penser une autre politique pour la musique et plus largement la culture. Nous souhaitons inscrire les politiques culturelles dans des logiques de coopération, de co-construction des politiques publiques, de solidarité, de développement soutenable, dans le respect de l’humain et de la nature…

NOUS VOUS DONNONS RENDEZ-VOUS LE 29 MAI 2020 AU SÉNAT POUR EN DÉBATTRE ENSEMBLE : ÉLUS, ARTISTES, REPRÉSENTANTS DU MINISTÈRE DE LA CULTURE ET DES COLLECTIVITÉS TERRITORIALES, SOCIÉTÉS CIVILES, JOURNALISTES, SYNDICATS, PORTEURS DE PROJETS DE TOUTES TAILLES ET DE TOUS TERRITOIRES…


Date : 23/04/2019

La FNCC, le SMA et la FEDELIMA s’engagent autour d’objectifs communs en faveur des musiques actuelles en signant une charte

Historiquement, les collectivités territoriales ont fortement contribué à l’émergence des musiques actuelles à l’échelle nationale, grâce au soutien à la construction de lieux dédiés, aux festivals, à l’accès aux pratiques et cela le plus souvent en coopération avec une grande diversité d’acteurs culturels. Aujourd’hui encore les collectivités se positionnent comme les premiers financeurs de ce secteur.

Aussi, naturellement, la FNCC – fédération nationale des collectivités territoriales pour la culture, le SMA – syndicat des musiques actuelles et la FEDELIMA – fédération des lieux de musiques actuelles, se sont rapprochés pour initier un dialogue.

De celui-ci découle la rédaction d’une charte au travers de laquelle les trois organisations s’engagent mutuellement sur plusieurs thématiques, telles que le maintien de la diversité, la promotion de l’équité territoriale, ou encore l’encouragement de la concertation et de la coopération comme alternative à la mise en concurrence.

La FNCC, le SMA et la FEDELIMA s’engagent notamment tous trois à œuvrer en faveur d’un CNM – Centre National de la Musique – dont la préfiguration débute tout juste – respectueux de l’intérêt général et des dynamiques territoriales.

Jean-Philippe Lefevre, président de la FNCC et maire-adjoint à la culture de Dole, Yves Bommenel, président du SMA et Ludovic Renaux, président de la FEDELIMA ont signé cette charte ce jeudi 18 avril, dans le cadre du Printemps de Bourges.

Ils s’engagent dès lors à la promouvoir auprès de leurs adhérents respectifs.

+ Télécharger la Charte FNCC-SMA-FEDELIMA


Date : 04/03/2019

Projet de centre national de la musique : les réseaux et fédérations de la musique expriment de vives inquiétudes et demandent à être entendus

Dans le cadre de la mission parlementaire relative à la mise en place d’un Centre National de la Musique (CNM) qui leur a été confiée, les députés Émilie Cariou et Pascal Bois viennent de remettre leur rapport au Premier ministre. Dans un récent communiqué, celui-ci a annoncé la mise en place opérationnelle de l’établissement au 1er janvier 2020, après une phase d’amorçage en 2019.

Alors qu’une partie de la profession semble se féliciter de la création d’un tel outil, un autre pan du champ musical s’en inquiète fortement.

Nous constatons que nos préconisations n’ont jamais été prises en compte. Nos noms au bas de ce rapport ont servi de caution dans le cadre d’une méthode relevant davantage de la consultation de pure forme que de la concertation. Nous avons fait valoir nos questionnements à de très nombreuses reprises mais n’avons guère été entendus.

Nous avons ainsi exprimé qu’un tel outil ne pouvait voir le jour que dans le cadre d’une réflexion globale sur les politiques publiques de la culture et plus spécifiquement celles de la musique, afin de s’inscrire dans un projet cohérent, ambitieux et soucieux de l’écosystème du champ culturel. Nous avons appelé à une réflexion intégrant la complexité du secteur musical, dans sa construction historique et sa structuration actuelle, du national au local ; nous avons insisté sur l’indispensable prise en compte de la diversité des initiatives caractérisée par une pluralité d’approches artistiques, par une multitude de projets et par différents modèles économiques. Nous avons souhaité que le projet de Centre National de la Musique se construise en regard de cette réalité.

Le Centre National de la Musique imaginé dans ce rapport ne s’inscrit que bien trop peu dans une logique d’intérêt général en complément d’une politique publique forte pour la musique portée par le ministère de la Culture et les collectivités territoriales. Il omet une large majorité d’acteurs du champ musical qui inscrivent leurs actions dans des principes de non lucrativité (ou de lucrativité limitée), d’intérêt général, de diversité, de territorialité ou encore d’émergence et pourrait ainsi mettre en danger la diversité des esthétiques, des modèles, des projets et des pratiques musicales.

Malgré une écoute que nous jugeons largement insuffisante, nous poursuivons nos travaux et restons mobilisés. Ainsi, nous sollicitons expressément une audience auprès du Premier ministre ainsi que du ministre de la Culture et les invitons du 19 au 21 mars à Rouen, lors du prochain POP MIND, notamment le mercredi 20 de 16h30 à 18h30 pour un temps spécifique consacré au projet de CNM.
Ces trois journées de débats nous permettront de nous interroger sur nos places et nos projets au regard des droits humains fondamentaux et de traiter des enjeux essentiels pour nos organisations. Nous sommes donc totalement disponibles afin d’échanger sur le Centre National de la Musique et la manière dont l’ensemble de la filière pourrait, dans toutes ses composantes, participer au développement de toutes les musiques en France.

LES SIGNATAIRES :
AJC – Le réseau de la diffusion du jazz
APRESMAI – Association des Pôles Régionaux Et des Structures de Musiques Actuelles et Improvisées
COLLECTIF RPM – Recherche en Pédagogie Musicale
CULTURE BAR-BARS – Fédération nationale des cafés cultures
FAMDT – Fédération des acteurs et Actrices de Musiques et Danses Traditionnelles
FEDELIMA – Fédération de lieux de musiques actuelles
FELIN – Fédération nationale des labels indépendants
FERAROCK – Fédération des Radios Associatives Musiques Actuelles
FRACA-MA – Fédération Régionale des Acteurs Culturels et Associatifs Musiques Actuelles
GRANDS FORMATS – Fédération d’artistes pour la musique en grands formats
HAUTE FIDELITE – Pôle régional des musiques actuelles Hauts-de-France
OCCIJAZZ – Réseau Jazz en Occitanie
OCTOPUS – Fédération des Musiques Actuelles en Occitanie
LE PAM – Pôle de coopération des Acteurs de la filière Musicale en région Sud & Corse
POLCA – Pôle Musiques Actuelles de Champagne-Ardenne
RADIO CAMPUS FRANCE – Réseau national des radios jeunes d’initiatives étudiantes en France
LE RIF – Réseau des musiques actuelles en Ile-de-France
RIM – Réseau des Indépendants de la Musique
RMAN – Réseau des Musiques Actuelles en Normandie
UFISC – Union Fédérale d’Intervention des Structures Culturelles
ZONE FRANCHE – Le réseau des musiques du monde


Date : 23/05/2018

Communiqué inter-fédérations et réseaux musiques

Poursuite de la démarche inter-réseaux et fédérations après la plénière du 16 avril 2018 à l’Assemblée Nationale.

Vingt-deux fédérations nationales et réseaux régionaux des musiques ont, le lundi 16 avril dernier à l’Assemblée Nationale, ouvert une concertation large sur les politiques publiques en faveur de la musique. Les 120 participants, représentant une pluralité des musiques d’aujourd’hui, ont partagé leurs analyses respectives des enjeux auxquels sont confrontés les acteurs des musiques, convergeant en premier lieu sur la nécessaire affirmation de la diversité des initiatives (artistiques, des acteurs, des projets, des modèles économiques...).

Diversité qui a fait l’objet des interventions des réseaux et fédérations, dans un élan inédit réunissant les acteurs de la création, la production, la diffusion et des pratiques des musiques, représentant majoritairement des initiatives privées qui enrichissent et dynamisent les territoires, portent une forme d’utilité sociale et concourent à l’intérêt général, souvent en partenariat avec des collectivités territoriales et parfois le ministère de la Culture.

Diversité qui, selon Emmanuel Négrier, chercheur en science politique invité à introduire les débats, a représenté pendant dix années un socle des politiques publiques de la culture, prenant en compte l’expérience musicale des personnes, les modèles économiques, les activités, et les philosophies d’intervention. Or, l’ensemble des participants partage l’analyse que les politiques publiques, telles qu’elles sont dessinées aujourd’hui, risquent de restreindre la diversité pourtant défendue dans les discours tenus.

Ces coopérations et partenariats essentiels qui participent d’un écosystème sont en grand danger si les orientations concernant, tant le projet de Centre National de la Musique que l’ensemble de la politique du ministère, ne prennent pas mieux en compte la diversité des initiatives privées d’intérêt général.

Tous, d’une même voix, ont appelé de leurs vœux à des politiques publiques en faveur des musiques, intégrant la complexité de ce champ culturel, dans sa construction historique et sa structuration actuelle, du national au local.


Date : 14/05/2018

Communiqué de la FEDELIMA

Politiques publiques de la culture : création du Centre National de la Musique

Madame la Ministre de la Culture a annoncé, mercredi 25 avril dernier, le démarrage d’une phase de préfiguration opérationnelle d’un Centre National de la Musique dont l’ouverture est souhaitée au début de l’année 2019. La FEDELIMA se félicite d’une telle perspective qui conduira à la mise en œuvre d’un nouvel outil d’accompagnement et de renforcement des politiques publiques des musiques.

L’intelligence du Ministère de la Culture, après avoir ouvert son périmètre dans les années 80/90, a été de favoriser une pensée multiscalaire de la musique et une structuration « à la française » de ce domaine. Nous sommes aujourd’hui en train de récolter les fruits d’un long processus en termes de créativité de la population et d’émancipation des personnes. Notre enjeu est à la fois de prolonger et d’entretenir ces évolutions remarquables.

C’est cette richesse et cette complexité que la FEDELIMA souhaite faire vivre et encourager au sein du futur Centre National de la Musique.

Les musiques s’inscrivent selon nous, pleinement au cœur des problématiques de nos sociétés. Elles peuvent être considérées d’un point de vue pragmatique, ce qui est le parti du discours de notre Ministre qui décrit ce domaine en tant que « filière ».

Notre propos n’est pas de nier les aspects « macros » et industriels, mais d’ouvrir le champ de réflexion plus largement, d’en restaurer la complexité, le caractère pluriel et de souligner la richesse de son écosystème...